«Les changements de comportement des enfants après une séance d’art-thérapie m’impressionnent toujours.»

Prof. Dr. med. Bernhard Frey, Universitäts-Kinderspital Zürich

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La créativité guérit

MUSICOTHÉRAPIE EN NÉONATOLOGIE

Une petite fille prématurée à 29 semaines de grossesse, pesant 590 g à la naissance, souffrant d’un syndrome de l’intestin court, d’infections graves, notamment de septicémie et de péritonite, ainsi que d’un syndrome de détresse respiratoire et de troubles de la croissance liés à l’alimentation. La musicothérapie a commencé lorsque le bébé prématuré avait déjà deux mois et demi. Au total, elle a passé plus de huit mois à la clinique. La musicothérapie visait initialement à stabiliser émotionnellement le nouveau-né et la mère, dont le bien-être dépendait en grande partie de l’état de sa fille, et à apporter calme et conseils.

Les mesures comprenaient la réduction du stress, la stimulation sensorielle et émotionnelle de l’enfant et la création de rituels sonores pour l’orientation, l’apaisement et la stabilisation. La mère a appris à parler, à fredonner et à chanter à son enfant, ce qui lui a posé un grand défi au départ. L’écriture de chansons thérapeutiques en albanais a permis de jeter un pont. En utilisant, entre autres, des chansons situationnelles, la thérapie a été individualisée et adaptée à la mère et à l’enfant sur une période de six mois et près de 30 séances. 

La musicothérapie a montré des résultats concrets. Dès le début, l’enfant a réagi positivement aux sons proposés, en particulier au jeu sonore de Koshi, à la voix de la thérapeute, et a montré une adaptation et une stabilisation de son état. La mère est devenue plus sûre d’elle, a appris à mieux utiliser ses propres ressources et, avec le temps, a utilisé le fredonnement et le chant de manière spécifique dans la vie quotidienne pour calmer, stimuler et encourager sa fille. Finalement, la mère a chanté pour sa fille sans inhibitions et avec une confiance en soi croissante, ce qui a considérablement renforcé le lien émotionnel entre les deux. 

Dans l’ensemble, la musicothérapie a permis à la mère et à l’enfant de bénéficier d’interventions diverses et personnalisées pour faire face à la naissance prématurée et à ses difficultés médicales et psychologiques, ainsi que d’un soutien à la création de liens, d’un réconfort, et d’un accompagnement pendant le long séjour à l’hôpital.

Art-thérapie en psychiatrie

L’oeuvre a été sculptée en alabâtre. Dans un premier temps elle sortait du patient sans signification apparente, elle n’était pas adressée à personne. À la fin de sa mise en forme, le coeur a été dédié au patient-même, lui, qui pensait mettre fin à ses jours, il se l’offre en lui donnant une signification profonde de vie. Le titre qu’il donne à l’oeuvre c’est : “ Vit! Vit pour toi-même ». Alberto*, 14 ans

*pseudonyme

Dans le quotidien d’une musicothérapeute

Ma patiente Léonie* a connu un parcours long et fatigant. Elle avait 18 ans. En raison d’une tumeur récurrente et d’autres troubles somatiques, elle a été hospitalisée à plusieurs reprises. Pendant les séjours à l’hôpital, nous écoutions de la musique ensemble, nous dansions dans le lit ou nous chantions pour oublier un instant la maladie. 

Certains jours, elle me renvoyait: « Pas aujourd’hui ». Elle se sentait trop fatiguée ou mal en point, ce que je respectais. En musicothérapie, l’autodétermination du patient est toujours au premier plan, ce qui me permet de répondre à différents besoins. Ce n’est pas possible, par exemple, avec les traitements médicamenteux. 

Un matin, j’ai appris que Léonie avait dû être réanimée la nuit précédente. Le médecin m’a dit : « Elle s’éteint ». Je lui ai rendu visite à l’unité de soins intensifs pour savoir si elle souhaitait bénéficier d’une musicothérapie. Elle a répondu par l’affirmative et a souhaité que sa mère et sa sœur soient présentes. Le jour même, je suis revenue armée de partitions de son artiste préféré. La jeune patiente n’ayant plus la force de chanter, sa mère, sa sœur et moi-même avons chanté à la place de Léonie. Toutes les personnes présentes semblaient très émues et la mère a tout de même voulu garder les partitions. A la fin, Leonie a choisi deux chansons et nous avons chanté et dansé. La patiente a également participé activement et a bougé au rythme de la musique.

Ensemble, nous avons créé un espace plein de légèreté et de joie pour Leonie. Pour un moment, ne pas être « malade ». Être, tout simplement. 

Deux jours plus tard, la jeune fille s’est endormie paisiblement en présence de sa famille. 

*pseudonyme

Art-thérapie en psychiatrie

Nadia, 17 ans, est admise à l’hôpital en raison d’une perte de poids potentiellement mortelle ; elle souffre d’anorexie depuis trois ans déjà.
Lors de la première rencontre, elle est éteinte, elle n’a pas envie
de parler. L’art-thérapeute lui propose de la peinture et l’invite à jouer avec les couleurs sans vouloir à tout prix obtenir un résultat.

Dessin de Nadia, comment elle veut briser le cercle vicieux de l’anorexie.

Elle se détend et, au fur et à mesure des séances, elle s’exprime à travers la matière et les images qu’elle met en scène. Elle commence à parler de sa maladie, à comprendre ce qui l’a poussée à s’autodétruire. Elle peut donner une forme à ses peurs et à ses angoisses : « Quand je peins, je me sens bien ». Elle réalise une peinture qui représente le cercle vicieux de sa maladie. Après quelque temps, elle reprend sa production en affirmant qu’elle ne veut plus de cela.

Après cinq mois, Nadia peut quitter l’hôpital, elle est beaucoup plus joyeuse, plus vive. Avant même de partir, elle dit à l’art-thérapeute : « Je n’ai pas encore gagné. Mais j’ai la force de me battre contre ma maladie, car je veux m’en sortir ».

*pseudonyme

Art-thérapie aux soins intensifs

Pendant plusieurs mois, Geneviève a été accompagnée par nous, les art-thérapeutes, dans l’unité de soins intensifs.
Cette jeune fille de 13 ans est gravement handicapée physiquement par sa maladie et il ne lui est possible de communiquer qu’avec les yeux. Un oui signifie qu’elle cligne des yeux, un non que ses grands yeux verts aux longs cils roulent dans tous les sens. Il est vite devenu évident qu’elle aime peindre, de préférence avec ses mains, mais qu’elle a besoin de notre aide pour cela.
 
C’est elle qui décide quelles couleurs doivent être réparties sur la feuille et quels mouvements font ses mains, ses bras. Des vagues, des points, des traits, des cercles… Elle veut toujours mélanger les couleurs et les étaler, de sorte que la feuille entière devienne grise ou brune, plutôt sombre. Ce qu’elle appelle des « tableaux de frustration », comme dit sa mère, qui est convaincue que cela fait du bien à Geneviève de se défouler un peu. Plus le désordre et la saleté sont grands, plus la joie est grande.
 
Un long processus à travers beaucoup de douleur, de frustration et de tristesse. Les images se transforment en un ciel nuageux, une nuit sombre… puis viennent les étoiles, il ne peut guère y en avoir assez, elles doivent briller d’or. Elle devient l’architecte de son œuvre et charge l’art-thérapeute de remplir les étoiles avec de la colle et des feuilles d’or. Elle observe avec plaisir la répartition de l’or délicat, attend patiemment qu’il sèche et lorsque le tableau est terminé, ses yeux brillent comme deux étoiles lumineuses.
 
La mère de Geneviève est très reconnaissante que sa fille ait des moments où elle peut vivre quelque chose de beau pendant son long séjour à l’hôpital.

Art-thérapie en oncologie 

Lorsqu’une tumeur maligne, une leucémie ou un autre type de cancer est diagnostiqué chez un enfant, c’est un bouleversement pour toute la famille.

Dans le couloir, sur le chemin de la chambre d’hôpital, on perçoit une lourdeur dans l’atmosphère, une incertitude. La chimiothérapie est quelque chose de nouveau pour les enfants et ils doivent, courageusement, encore endurer beaucoup d’interventions : examens, prises de sang, médicaments qu’ils n’aiment pas, nausées, fatigue. Toute la famille doit se réorganiser pour la prise en charge de l’enfant hospitalisé, et les journées sont longues, marquées par de nombreux états d’âme et des peurs inexprimées.

L’art-thérapie offre un large éventail de possibilités et peut être utilisée dans différentes situations. Elle permet par exemple de détourner l’attention des douleurs, de l’éloignement des proches et de l’ennui.

On constate que l’humeur change positivement, que l’enfant s’épanouit et retrouve joie et légèreté. Cette nouvelle énergie a un aspect très vivifiant pour le jeune patient. L’activité créative, non verbale, renforce l’enfant dans son autodétermination et ses ressources. L’art-thérapie ne peut pas guérir une maladie, mais elle peut aider sur le chemin de la guérison.

Exemple de cas : Séances d’art-thérapie avec un garçon de huit ans atteint d’une maladie oncologique

Le garçon aimerait être en bonne santé comme son frère et le deuil de ses parents pèse sur lui. Pendant notre séance de thérapie, il se montre combatif et fort et il est particulièrement agréable de voir à quel point il est motivé pour peindre. Il veut que je peigne avec lui. Il raconte l’histoire d’une famille qui, lors d’une belle excursion dans la forêt, est soudainement surprise par un violent orage. Puis un long silence. La séquence de peinture dure 45 bonnes minutes et nous sommes tous deux étonnés de la rapidité avec laquelle le temps s’est écoulé. Le garçon est enthousiaste et pense que cela lui a vraiment fait du bien. Satisfait et fier de son œuvre, il se penche en arrière.

Lorsque sa mère est de retour, elle est visiblement émue et heureuse, car elle remarque que l’humeur de son fils est nettement meilleure. Cette séance lui permis d’exprimer ses sentiments. La mère souligne l’importance de cette offre thérapeutique, qui semble être l’exutoire idéal pour son fils. Les dessins, d’une grande importance, seront accroché au mur de la maison.

Art-thérapie en psychiatrie 

Parcours thérapeutique d’un jeune patient qui a pu bénéficier de séances d’art-thérapie.

 C’est l’histoire d’un jeune garçon, Thomas (nom d’emprunt), qui n’a pas eu un début facile dans la vie. Du haut de ses 7 ans, Thomas a déjà vécu de nombreuses ruptures et connaît les foyers d’urgence pour y avoir été placé à plusieurs reprises. 

Hospitalisé au sein d’un service de psychiatrie pour enfants, son parcours médical est déjà bien long. Comme il communique très peu des séances d’art-thérapie sont recommandées par l’équipe médicale. 

Mais l’idée d’une thérapie de plus n’enthousiasme guère Thomas et au cours des premières séances, il ne prononce pas un mot. C’est à travers l’échange de dessin que l’art-thérapeute entre en communication avec lui et instaure peu à peu une relation de confiance avec Thomas. 

Au bout de plusieurs séances, l’art-thérapeute lui propose de travailler avec des cartons. Il choisit alors de construire une voiture, celle qui l’emmènera dans son pays natal. Les premiers mots sont partagés et l’idée de partir avec sa voiture lui plaît tellement qu’il quitte à plusieurs reprises son groupe d’étude au centre de soins pour retrouver sa voiture. 

Au fils des séances, Thomas s’approprie de plus en plus les cartons et transforme sa voiture en camping-car. Il y a aménagé un lit, un évier, des toilettes et un GPS pour l’aider à trouver son chemin. Les séances se transforment en un voyage autour du monde. 

“Le voyage sera long, et il faudra de la patience” commente -t-il. 

Accompagné par l’art-thérapeute, équipé de sa carte et de son passeport en carton, Thomas traverse les villes et les contrées pour rejoindre son pays, celui de sa famille.

La créativité et l’imagination permettent à ce moment là, à la thérapeute d’engager avec Thomas sur des sujets douloureux sans l’utilisation de mots, mais à travers le jeu créatif. 

Thomas crée par la suite, des cages à lapins, avec des lits et des jouets. Il se préoccupe de leur bien-être et de leur sécurité. Après plus de six mois de séance hebdomadaire, il accepte de travailler sur les ressentis corporels. À travers la confection de pain et de mélange de texture, Thomas s’ouvre à l’art-thérapeute et parle des sensations qu’il aime ou qu’il n’aime pas. 

Chaque œuvre réalisée est une opportunité pour l’art-thérapeute d’engager avec l’enfant sur ses émotions, ses besoins, son vécu. L’art-thérapie a permis au jeune Thomas de retrouver le chemin de la guérison.

Art-thérapie dans un hôpital pour enfants
Lors des séances de thérapie, je m’adapte entièrement aux besoins et à la situation de l’enfant. J’estime important de mettre l’accent sur le côté positif et sain de l’enfant et de soutenir son autonomie. Pendant cette heure, il peut décider et choisir par lui-même. Ce n’est pas le langage qui est essentiel dans ce cas, mais l’action personnelle, ce qui permet d’exprimer des non-dits. L’activité artistique renforce les ressources et permet à l’enfant de se sentir capable d’initiative et d’action, même dans le quotidien de l’hôpital. Lorsque j’observe que l’enfant se détend de plus en plus, qu’il oublie son quotidien et laisse place à une gaieté créative, je ne peux qu’éprouver de la gratitude et de la joie.
Musicothérapie en psychiatrie
Sabine*, 16 ans, est hospitalisée en raison d’une anorexie. La musicothérapie a été importante pour elle, car elle lui a permis de s’exprimer à la fois de manière verbale et non verbale. A chaque cours, elle a réussi à découvrir quelque chose pour elle-même, à oser et à essayer de nouvelles choses. Ces expériences peuvent être vues comme une série de pièces de mosaïque, qui, une fois rassemblées, forment une image. Une image dont le rôle est de toute première importance, car elle peut renforcer l’estime de soi. La curiosité et l’ouverture de Sabine lui sont utiles dans ce dialogue.
*Nom modifié
Musicothérapie en néonatologie

„Oh happy day“

Un grand merci à la fondation ART-THERAPIE et à l’équipe d’auteurs du livre de berceuses. Lisa*, un bébé prématuré, est aux soins intensifs depuis quelques semaines. La mère de Lisa vient voir sa plus jeune fille tous les matins à 5 heures déjà – Lisa a trois frères et sœurs à la maison. J’ai eu l’idée de placer le «carnet de chants» à côté de l’isolette avec une note pour la mère.
«Oh happy day», comme c’était les vacances scolaires, toute la famille était en visite auprès de la petite Lisa. Des larmes brillaient dans les yeux de Mme D. lorsqu’elle est arrivée dans la salle d’attente, où je jouais de la musique avec les trois enfants: «Nous connaissons ‘Idas Sommervisa’, je suis suédoise». La maman a chanté la chanson de l’été avec sa ribambelle d’enfants – le soleil brillait dans la salle d’attente du service de soins intensifs.
Ce cadeau tout de sensibilité et de délicatesse a conquis en un rien de temps le cœur des patientes et des patients, des proches et de l’art-thérapeute de l’Hôpital cantonal des Grisons.
*Nom modifié

Musicothérapie en psychiatrie

« Emma (prénom d’emprunt), jeune fille de 8 ans, est hospitalisée pour une anorexie mentale durant 5 semaines. Malgré son très jeune âge, Emma présentait plusieurs symptômes de l’anorexie mentale : perte de poids volontaire avec des comportements compensatoires (sport), préoccupation importante de son poids avec une image déformée de son corps (se voit grosse alors qu’elle pèse 23 kg), pensées obsessionnelles (Voix qui lui ordonne de ne pas manger) et besoin de contrôle très important. Elle a été hospitalisée en juin pour une bradycardie en lien avec ses restrictions alimentaires.
J’ai pu voir Emma treize fois durant son hospitalisation. Très discrète et peu expressive à la fois dans le verbal et le sonore, elle restait dans un contrôle constant et ne s’autorisait rien qui puisse lui procurer du plaisir. Au fil des séances, la musique a permis à Emma d’entrer en contact avec des émotions réprimées telles que l’agressivité, la colère et la tristesse. Ce qu’elle ne pouvait exprimer avec des mots, Emma l’a exprimé en musique. Sa petite voix fluette a pris de l’assurance, les percussions lui ont permis de s’approcher d’un certain plaisir et lâcher-prise, d’amener du mouvement là où la maladie l’avait figée. La Voix qui lui ordonnait de faire du sport pour perdre du poids a pu être représentée par des notes et des couleurs, devenant ainsi moins terrifiante.
Un moment fort de ce suivi a eu lieu à la 11e séance. Après un colloque particulièrement chargé en émotions avec l’équipe soignante et les parents, ces derniers sont venus assister à la séance, afin qu’Emma puisse leur jouer une chanson qu’elle avait composée. Chaque couplet parlait d’un membre de sa famille. Le papa, qui se montrait parfois vindicatif et distant avec l’équipe, a abandonné sa posture défensive pour laisser place à ses larmes. Ce fut un moment intense.

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